Les Mégabassines : entre privatisation de l’eau, financement et démesure, ce que leurs opposants leur reprochent

Des projets de retenues d’eau destinées à l’irrigation agricole dans l’ancienne région Poitou-Charentes sont vivement contestés pour leur impact sur l’environnement et la gestion de l’eau.

Alors qu’une nouvelle mobilisation est prévue ce week-end contre les mégabassines dans l’ancienne région Poitou-Charentes, ces projets de retenues d’eau destinées à l’irrigation agricole suscitent de nombreux débats. Vus du ciel, ces ouvrages se présentent comme des gigantesques trous creusés dans les champs et entourés de grillage. Le plus grand d’entre eux, en cours de construction à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), devrait faire la taille de 190 piscines olympiques. Si du côté de leurs partisans, on préfère les qualifier de « réserves de substitution », pour leurs opposants, ces bassines sont synonymes de privatisation de l’eau, de financements colossaux et de démesure.

Voilà un retour en images de la manifestation plutôt musclé

Un projet contesté

Un projet de seize mégabassines, porté par la Coop de l’eau, fait l’objet d’une contestation depuis plusieurs années. Seule une réserve, située à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), est opérationnelle depuis 2022. Une seconde, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), est en cours de construction. Au total, 93 retenues sont dans les cartons des quatre départements de l’ancienne région (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne). Si les prélèvements hivernaux inquiètent certains irrigants, notamment des maraîchers, qui ne seront pas raccordés à ces ouvrages et craignent de voir les nappes s’assécher et la ressource disponible s’amenuiser, la contestation vise surtout la privatisation d’un bien commun par une poignée d’agriculteurs. À terme, 220 exploitations devraient être raccordées aux seize bassines, soit « 25 % du territoire concerné » selon le protocole d’accord signé en 2018 entre la Coop de l’eau, la préfecture, les collectivités et plusieurs associations environnementales qui ont depuis quasiment toutes quitté la table des négociations.

Une privatisation d’un bien commun

Pour les opposants aux mégabassines, la privatisation de l’eau est la principale raison de leur contestation. Présentées comme la solution pour continuer à irriguer en temps de sécheresse, ces bassines se multiplient dans l’ex-Poitou-Charentes. Si les prélèvements hivernaux inquiètent certains irrigants, notamment des maraîchers qui ne seront pas raccordés à ces ouvrages, la contestation vise surtout la privatisation d’un bien commun par une poignée d’agriculteurs. En effet, ces bassines sont financées à 100 % par les pouvoirs publics et les collectivités territoriales, sans que les agriculteurs ne soient tenus de contribuer à leur fin

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